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 Combien de temps pour aller sur un ultra? 

Voici mon point de vue, Tout débutant auraient intérêt à avoir une vision sur au moins 4 ans. Bien sûr, les athlètes auront des objectifs dans la première année, et il est nécessaire de se préparer pour ces courses. Mais je constate en tant qu’entraîneur,  je regarde au-delà de la prochaine course, au delà de la saison, et c’est une clé essentielle du succès et de la longévité. Voici comment je le vois cela correspond à ce que j’utilise avec les athlètes avec lesquels je travaille. Par 2 fois cela a abouti à des  performances assez incroyable et unique. Peut-être que cela peut vous faire changer d’avis et ne pas finir un ultra à moitié mort-vivant au risque de ne plus y revenir.

Année 1: on met les shoes

Pour le meilleur et pour le pire, l’entraînement en endurance est cumulatif, y a vraiment pas de secret, faut borner crescendo et voir où on est bon, où on coince. Sur le plan positif, cela signifie que le travail que vous avez accompli jusqu’à présent s’est progressivement construit sur lui-même, créant ainsi votre capacité actuelle. Rien ne remplace l’expérience, il n’existe aucun raccourci pour bâtir cette fondation. L’inconvénient, c’est bien sûr que lorsque vous débutez dans le sport d’endurance, vous devez faire preuve de patience tout en bâtissant les fondations. L’augmentation de la charge sans varier les intensités, liée à votre nouvel enthousiasme est une des pires recettes qui mènera vers des blessures à répétitions.

Une approche judicieuse de la première année consiste à apprendre et à expérimenter autant d’aspects de la course que possible, tout en augmentant progressivement le volume de votre propre entraînement. Allez sur beaucoup de petites courses, pour quasiment aller dans le mur, tentez, essayez diverses méthodes. Soyez un volontaire  qui participe à une recherche. Regardez le personnel médical soigner les coureurs en détresse. Soyez un pacer pour un pote, faites l’assistance d’un ami sur un ultra. Faites-vous des amis  sur des sortie off, posez beaucoup de questions, apprenez tout ce que vous pouvez et n’ayez pas peur de faire des erreurs. Vous en ferez quoi qu’il arrive.

Vous ne pouvez peut-être pas accélérer votre courbe de développement en termes d’entraînement physique, de capacités si vite que vous le voudrez, mais vous pouvez  accélérer votre courbe d’apprentissage dans la gestion de course.

Année 2: on s’équipe d’une bonne montre

La deuxième année est consacrée à la construction de la boîte à outils physique. Pour ce faire, vous devez vous entraîner. Avec une année d’entraînement généralisé à la banque, il est temps de choisir un objectif et de s’engager dans une planification. C’est souvent l’année où les athlètes veulent participer à un gros challenge juste pour voir, zéro souci, mais ce n’est que là qu’il se rendront compte par eux même qu’ils ne sont pas près à faire un ultra. Par rapport à la première année, les athlètes devraient également participer à davantage de courses un peu plus longue, notamment des distances marathons / trail. Ces courses sont essentiels pour développer les habitudes de course dont vous aurez besoin n Ultra. Cela vous aidera également à découvrir les types de courses que vous aimez le plus (montagnes, forêts, désert, technique, haute altitude, niveau de la mer, ultra fond).

Pour les athlètes dont les objectifs à long terme incluent des courses comme l’utmb avec tirages au sorts ces deux premières années sont également une occasion de remplir des conditions préalables  et qui améliorent les chances d’obtenir une inscription directe plutard…

Année 3:  on achète une ceinture cardio

La troisième année est un bon moment pour aller se tester sur du lourd. C’est l’année où j’encourage les coureurs à se fixer un objectif audacieux et à se mettre au défi de faire quelque chose qu’ils n’auraient peut-être pas pu réaliser au cours de la première année. Si les deux premières années ont été un peu basiques dans le but de gagner progressivement en forme et en expérience, la troisième année est le moment de prendre des risques plus importants. Si vous avez terminé un 80km en deuxième année, tirez parti de cette expérience en vous poussant à terminer une course  de 120km de 140km, ou même distance mais tels que plus d’escalade, des altitudes plus élevées ou une chaleur plus intense. Ce ne sont pas des difficultés insurmontables, mais ce sont des étapes supplémentaires dans le processus d’apprentissage pour s’adapter à des conditions difficiles.

Année 4: plus besoin du cardio, à l’effort percu:

Quatre ans, c’est long  pour attendre quoi que ce soit. Mais si vous avez été patient, vous êtes maintenant prêt à faire un ultra abouti. La quatrième année est celle où vous additionnez tous les détails, dans le but de performer, de gagner une course pour les meilleurs, de vous placer le plus haut possible dans votre groupe d’âge et d’optimiser vos performances. Pour les athlètes élite en herbe, c’est souvent l’année des performances révolutionnaires, ou d’un coup ils percent , c’est la révélation de l’année mais pas pour eux car cela fait déjà 4 ans qu’ils s’acharnent de patience et aux entrainements. Pour les amateurs et les concurrents dans un groupe d’âge, c’est généralement la première année où les bases de l’entraînement, de la nutrition, du processus de développement des capacités, de la sélection de l’assistance et des routines du jour de la course  s’assemblent , ce qui donnent l’impression d’une grande force qui aboutit à une course bien gérée, rondement menée.

Cette année est également marquée par un changement crucial de mentalité. Il n’y a plus de doute que vous êtes capable d’atteindre la ligne d’arrivée et une fois que vous êtes sûr de savoir que vous pouvez terminer, votre état d’esprit peut  basculer, vous passez de la survie à l’amélioration et pensez à la compétition, abandonner une course ne devient pas un souci. Vous commencez à examiner et à analyser les routines et stratégies antérieures éprouvées afin de les optimiser.

En entrainement, la quatrième année est aussi le moment de faire appel à des techniques plus avancées, à me passer un coup de fil 

. Au début, il y a tellement de place à l’amélioration que vous n’avez pas besoin de prendre des risques. La meilleure stratégie est la plus simple, et une complexité accrue augmente considérablement le risque pour une récompense généralement faible. Généralement la 4ième année, les athlètes disposent de bases solides en termes de charge de travail d’entraînement, d’expérience, de résilience, de conscience de soi et de perspective (généralement..!!). Seulement ca patauge, c’est difficile de s’auto-analyser, on se trouve des escuses. En conséquence, les athlètes sont généralement prêts ensuite à intégrer un coach,  des techniques avancées telles que l’entraînement en altitude, l’acclimatation à la chaleur, des journées d’intervalles dans la même semaine, l’entraînement en bloc ou d’autres techniques souvent considérées comme « gains marginaux» au début de la pratique mais de plus en plus importants quant on se dirige vers l’amélioration du chrono. Ne perdez pas de vue que  La notion de plaisir doit rester en fond d’écrans sous peine de vous voir un jour tout arrêter en un claquement de doigt.

Les exemples multiples du nombre de personnes qui stoppent en triathlon ou en ultra du jour au lendemain devra vous faire réfléchir à vos réelles ambitions à court,moyen et longs termes.

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